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Les Guerres de Bourgogne (Vae Victis n°115)

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Alors que les Suisses et leurs alliés tentent de remettre sur pied une armée correcte à l'abri dans les Alpes, Charles divise son énorme armée pour limiter les effets de la "surpopulation".
De Blamont avec 7 000 fantassins et 2 000 chevaliers est sur sa droite à Montbéliard pendant que le reste de l'armée Bourguignonne est à l'ouest de Mulhouse.

Bubenberg, qui a prit le commandement en chef envoie Richard de Lorraine contre de Blamont, isolé du reste de l'armée. Avec 14 000 hommes dont 2 000 chevaliers et 12 000 piquiers il doit manoeuvrer rapidement pour battre l'aile droite Bourguignonne.
Dans le même temps, Bubenberg conduit 28 000 suisses contre les forces de Jean de Savoie qui ne peut compter que sur les faibles murs de Granson et sur 13 000 hommes.

La Bataille de Montbéliard.
Observant l'énorme armée ccoalisée, de Blamont decide d'abandonner son aile gauche. Il place sa precieuse cavalerie à droite derrière un fossé. Les archers sont en arrière, maintenus en réserve. L'artillerie est massée au centre.

En face, Charles de Lorraine déploie l'essentiel de ses piquiers et hallebardiers au centre. 2 000 piquiers et 2 000 chevaliers sont à gauche et 2 000 piquiers suisses sont à droite et doivent tourner la gauche de l'ennemi, en l'air.
D'autre part, Richard fait placer ses piquiers derrière des palissades.

Rapidement l'artillerie inflige de terribles pertes dans les rangs serrés des piquiers. Même la charge de la chevalerie lorraine perd de sa superbe en arrivant face à un fossé. L'attaque est un échec sur toute la ligne, même si le centre bourguignon souffre.

Mais alors que les piquiers suisses parachèvent leur manoeuvre sur le flanc gauche bourguignon, ils sont pris sous un tir très dense des archers alors maintenus en réserve.

Ayant sauvegardé son flanc gauche, De Blamont lance une charge de chevaliers sur la gauche coalisée, en l'air après la retraite précipitée de sa cavalerie. Il l'appuie d'un feu intense d'artillerie.

Richard doit fuir précipitamment avec les débris de son armée. Il a subit 8 000 pertes dans une bataille pourtant à son avantage.

Les alliés suisses commencent alors du bien fondé de leur entreprise...

Mais ailleurs tout ne se passe pas comme prévu pour Charles.
En effet, au siège de Granson, les 28 000 suisses de Bubenberg annihilent la garnison de 13 000 hommes de Jean de Savoie qui est capturé et exécuté.
Les Suisses déplorent 7 000 tués et blessés pendant cet affrontement aux proportions épiques.

Bourgogne : 14 points
Suisse : 3 points (c'était un siège contre une ville de fort niv 1 donc uniquement les 3 points de Granson)

Enfin, se sentant menacé, le Royaume de France dépêche 1 500 soldats et chevaliers pour se battre aux côtés des Suisses.

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Merci pour ce CR dynamique !

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Merci Vince, tu as l'art de manier l'épée et la plume  thumbs up 
Je te remercie de faire vivre ce jeu !
Concernant ta remarque sur la possibilité de contre-attaquer pour le défenseur, je me suis basé sur les combats de cette période ; celui qui a l'initiative au début de la bataille l'a conservé jusqu'à la fin...J'ai hésité à en faire un point de règle supplémentaire. Pour une version V2 de ces règles peut-être.
Serais-tu partant pour tester (pas tout de suite) une simulation sur un autre conflit de la fin du XVe ? (pas le Guerre de 100 ans). Smile

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Les CR de Vince sont toujours vivants et bien écrits. +++  cheers 


_________________
« Quis custodiet ipsos custodes ? » Juvénal.

http://www.fredbey.com/
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Bonjour

Merci à vous deux pour les commentaires ^^

Ce serait un plaisir de tester ton projet en tout cas.

En m'y remettant je prends déjà plus de plaisir à jouer (ça doit se voir dans le CR) mais il y a eu pas mal de bourdes : je pense qu'il faudra profiter d'un jeu futur pour remettre un peu les règles dans l'ordre.

Pour le défenseur et la contre attaque c'est dommage : par exemple j'ai utilisé un pion charge après avoir bougé sur le flanc coalisé...ça veut dire que je peux bouger sur le flanc et tourner l'ennemi pendant le combat mais sans pouvoir exploiter l'avantage (au moins un gros malus ou autre).

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Vince, les marqueurs tactiques offrent une grande latitude de jeu - c'est le but -, pourquoi ne pas en ajouter un pour chaque camp qui indiquerait "contre-attaque" ou "prise d'initiative"; ainsi, le défenseur ne ferait pas que subir... What a Face 

Pour une prochaine simulation ces marqueurs tactiques pourront évoluer facilement.

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Oui c'est une assez bonne idée même si "charge" devrait le permettre du moment qu'il y a de la cavalerie.

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Pour ce qui est des marqueurs c'est une des très grandes réussites de ton jeu ; ils donnent une "âme" aux batailles et bien utilisés peuvent retourner des situations.

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C'était mon "grand écart" ; un jeu stratégique avec un attrait tactique !
Un grand merci !  cheers

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Nous nous approchons à grand pas du dénouement de cette campagne. Alors que les Suisses, forts de leur victoire, s'enfoncent en Savoie, Charles le Téméraire envoie De Blamont à Besançon où il doit rallier les débris en fuite de l'armée savoyarde.
Pendant ce temps, Charles entend terminer le travail de son second et attaque Richard de Lorraine à Basel.

Les restes de l'armée Lorraine sont totalement anéantis par la puissance de feu écrasante des Bourguignons.

Puis Charles et de Blamont s'éloignent l'un de l'autre alors que Charles s'enfonce en Suisse et de Blamont tente maladroitement de menacer les derrières de Bubenberg.

Mais les Suisses prennent leurs ennemis de vitesse et parachèvent la conquête de la Savoie avant de remonter à Berne avant même que le Téméraire ait eut le temps d'attaquer.

La position de Charles est alors très précaire. Il dispose certes d'une puissante armée, mais les Suisses sont innombrables. Il se résout donc à décrocher en Mai 1476 et fait sa jonction avec de Blamont à Granson.

Bubenberg, certain de sa supériorité numérique, attaque.

La Bataille décisive de Granson, 2 juin 1476.

Pour la plus importante bataille de cette fin de siècle, Charles le Téméraire, à la tête de l'armée la plus moderne du monde, dispose des forces suivantes :
600 canons
12 000 piquiers
8 000 archers
6 000 arbalétriers
4 000 chevaliers
Soit un total de 30 000 hommes.

Face à cette puissance de feu, les Suisses et leurs alliés, sous le commandement de Bubenberg, disposent des forces suivantes :
19 000 piquiers
11 000 hallebardiers
5 000 couleuvrinniers
6 000 arbalétriers
2 000 chevaliers.
Soit un total difficilement imaginable de 43 000 hommes.

Bubenberg souhaite jouer la carte de la sécurité. Il place un centre très puissant (22 000 hommes), couvre sa gauche avec les piquiers alliés appuyés par les couleuvrinniers (14 000 hommes) qui devront faire face à la charge des chevaliers bourguignons et enfin il envoie Scharnachtal effectuer une marche de flanc sur sa droite avec le reste des troupes.

La bataille s'engage sous une grêle de traits suisses. Le feu Bourguignon offre une riposte plus qu'imposante : les chevaliers lorrains sont exterminés par les archers anglais et les lourdes formations de piquiers sont saignés à blanc.

Mais ils n'arrêtent pas leur marche pour autant et le clash est terrible pour les piquiers bourguignons qui tombent comme des mouches.

Cependant, sur la droite, de Blamont emporte les positions des alliés suisses dans une charge puissante de ses chevaliers.

À 11h on se retrouve dans une situation étrange où chaque armée a tourné la gauche de son ennemi.

Mais contre la menace sur son flanc gauche, Charles dévoile sa nouvelle stratégie d'artillerie : le feu roulant.

Les 600 canons de tout calibre recouvrent le bruit du champ de bataille de leur décharges frénétiques. Appuyés par les archers anglais, ils réduisent le flanc droit suisse à l'état lunaire. Un terrible champ de cadavres recouvre désormais la gauche Bourguignonne.

De Blamont lance son assaut sur le flanc ennemi de la deuxième ligne suisse, tournant littéralement le gros de l'armée. Mais les piquiers parviennent à se reformer par miracle sous l'impulsion de Bubenberg...qui est tué à la tête de ses troupes quelques minutes plus tard.

Charles est également repoussé au centre. À vouloir plus (tourner complètement la ligne suisse pour l'empêcher de reculer), de Blamont a raté l'opportunité de détruire l'armée suisse qui parvient à se retirer en bon ordre.

L'armée de Charles le Téméraire prouve une nouvelle fois sa supériorité et sa modernité. Elle déplore 5 500 tués et blessés dont 500 chevaliers italiens.

L'armée suisse, si elle a prouvé sa cohésion fantastique, a également montré ses limites face à une armée en avance sur son temps. Elle perd 21 000 tués et blessés dont beaucoup d'alliés lorrains et allemands mais surtout son commandant le plus valable.

Devant cette tuerie et ce nouvel échec cuisant et malgré l'intervention des troupes françaises (qui ont progressées jusqu'à Dijon), les allemands et les lorrains se retirent de l'alliance suisse.

Désormais seuls, réduits à 15 000 combattants sans plus aucun espoir de porter la guerre chez l'ennemi, les Suisses lancent des négociations de paix.

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Philippe je me demandais s'il ne serait pas judicieux d'avoir un modificateur sur la table diplomatique lorsqu'un allié est sous contrôle de l'ennemi (comme ça a été le cas pour la Lorraine puis pour la Savoie). Car pour le moment ils s'en fichent tant qu'ils laissent pas de morts.

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Quel genre de modificateur ? Pour les combats ? Quand le territoire d'un allié est sous contrôle ennemi ses PR ne lui sont plus accessibles ; c'est déjà un bel inconvénient. N'hésite pas à faire des propositions. En tout cas, beau récit digne de Commynes  Smile

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Non je pensais à décaler d'une case le curseur diplomatique. Avoir tout son duché contrôlé par l'ennemi ça doit avoir un certain impact je pense.

Content que le compte rendu te plaise en tout cas. Ton prochain jeu traiterait de quelle guerre?

Sinon je termine la partie ce soir. Bon les Suisses sont foutus mais bon Smile

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C'est une bonne idée. Avec ça, bien que la Lorraine ait été envahie par les Bourguignons, le René (et non Richard,c'est un autre...) a tout de même pu revenir avec des troupes et battre le Charles à Nancy.
Je garde ça sous le coude pour une autre simulation qui pourrait traiter de la guerre du Bien public en 1465 Rolling Eyes

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La guerre du bien public ?

Sinon j'avais zappe cette histoire de René. Mais il suffit que les autres opérations n'aient pas abouti à la neutralité et ça colle toujours.

Dernière question de l'après midi : si le suisse prend une province à pv de mon territoire national, est ce que je perds des pv ? Je pense que non étant donné qu'on débute la partie AVEC des provinces à pv mais sans aucun pv. (Je suis clair ?)

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La guerre du Bien public mars-octobre 1465 avec le même Charles comte de Charolais (pas encore duc et téméraire).
Oui, les PV ne te sont pas enlevés...ça sent la correction pour nos amis Suisses ?

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Oui. Leurs deux alliés sont neutres après les incessantes défaites sur le champ de bataille ; ils n'ont plus que 15 000 hommes et l'initiative est aux Bourguignons.

Question : quand tu retraites après une bataille vers une province sans garnison ni armée, peux tu choisir de te placer en garnison ou dois tu rester en mode armée ?

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Oui dans ce cas tu as la choix. S'il se trouvait déjà une armée ou une garnison alors dans ce cas tes troupes seraient ajoutées à celle-ci sous la même forme.
Plus que 15.000 Suisses, quel massacre ! Pas de recrutement possible pour combler les rangs ?...

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Pas avant que les Bourguignons ne lancent l'assaut.

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Bilan deux sièges plus tard Bern est sous contrôle Bourguignon avec 27 points de victoire.

Vu l'ampleur de la défaite et le score final, les conditions de victoire me paraissent élevées.

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Au final :

Un jeu très intéressant au système simple avec un module tactique vraiment sympa.
Le conflit choisi est fort intéressant et le rendu des différences entre les deux armées est bien rendu : une armée bourguignonne très puissante mais peu mobile contre une nombreuse et rapide armée suisse.

Les conditions de victoire ne sont pas aisées et sont à rechercher sur le long terme. Il faut tout à la fois être précautionneux et offensif car il faut des victoires sur le champ de bataille.

Le seul bémol au final est la règle désordonnée et le fait qu'on joue tellement sur du long terme que pour la première partie je me suis vraiment demandé qu'est ce que j'allais bien pouvoir faire de mes armées.

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Je te remercie pour ce CR très vivant et ces critiques très constructives.
27 PV c'est une victoire écrasante bourguignonne ; la Bourgogne est en bonne voie pour dominer l'Europe ;-)
Concernant les règles, malgré un système que je souhaitais des plus basique : renfort, mouvement, attrition, combat, il se peut que certains points soient à retravailler.
Au final le jeu est plaisant, pas si compliqué et il t'a permis de découvrir une période peu connue = j'ai atteint le but de tout concepteur !
Je ferai une V2, c'est sûr, aussi j'en appelle à vos suggestions sachant que le système peut - avec qqs légères adaptations - convenir pour des guerres entre 1450 jusqu'à 1550...

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Philippe Hardy a écrit: la Bourgogne est en bonne voie pour dominer l'Europe ;-)

Ahhh ! un rêve, que dis-je, un fantasme !
L'Europe Bouguignone, c'est l'invasion du Pinot Noir, le règne du Chardonnay, le bonheur, quoi !
Une Europe idyllique où le Chambertin coule à flot et où les vrais vignerons l'emportent sur les winemakers, ces margoulins de bordelais, qui ont dans le passé tellement collaboré avec les Granbretons qu'ils auraient du être tondus aux grandes heures de l'amitié franco-allemande.

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 Shocked 
VinceWG a écrit:Pour la plus importante bataille de cette fin de siècle, Charles le Téméraire, à la tête de l'armée la plus moderne du monde, dispose des forces suivantes :
600 canons
 Shocked 
Six-cents canons ???? C'est une faute de frappe ?
A Pavie, donc plus tard, François Ier en aligne "seulement" une cinquantaine.

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Pour les règles ton but est en gros atteint : ton système est simple et rapide. Il va à l'essentiel et on sent bien le poids de la diplomatie sur les opérations.

Il ne nécessite réellement qu'une bonne réécriture (Enfin c'est mon opinion. Je ne sais pas quels autres retours tu as eu).

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